Exposé

Après 30 ans de recherche, des produits biosourcés ancrés dans les territoires 

L’ADEME accompagne la recherche depuis 30 ans à travers ses dispositifs de financement de projets de recherche, de thèses et de démonstrateurs industriels.


Les produits biosourcés sont des produits partiellement ou entièrement issus de la biomasse (NF EN 16575). Ce sont des produits industriels pour la chimie et les matériaux, non alimentaires et non énergétiques, qui ont des applications dans des secteurs très variés (bâtiment, automobile, ferroviaire, aéronautique, hygiène, etc.). Ils sont un composant essentiel de la bioéconomie, qui est une des priorités thématiques de la stratégie recherche 2021-2027 de l’ADEME. La bioéconomie englobe l’ensemble des activités de production et de transformation durables de la biomasse, qu’elle soit forestière, agricole ou aquacole, à des fins de production alimentaire, d’énergie ou de fabrication de produits. Pour la filière des produits biosourcés, des appels à projets de recherche (APR) dédiés ont été mis en place depuis plus de 30 ans. Les sujets de recherche ont été principalement soutenus à travers le groupement d’intérêt scientifique Agriculture pour la chimie et l’énergie (AGRICE), Bioressources, Industries et Performance (BIP), GRAINE, différents ERA-NET, dont Industrial Biotechnology (ERA-IB), WoodWisdom, ainsi que les programmes Fonds démonstrateur de recherche et d’investissements d’avenir (PIA). 

AGRICE et BIP : le soutien au développement des produits biosourcés

L’APR AGRICE, dont les différentes éditions se sont succédé entre 1994 et 2007, a pour objectif la valorisation des excédents de production agricole. D’autres défis s’ajoutent à cet objectif fondateur : assurer une souveraineté nationale, réduire les émissions de gaz à effet de serre et créer des emplois. Sur la période 1994-2007, l’ADEME a soutenu plus de 300 projets de R&D, portant sur le développement de nouvelles valorisations des produits et coproduits d’origine agricole via cet APR, et le programme PNRD1 en collaboration avec L’Agence nationale de la recherche (ANR), dans les domaines de l’énergie, de la chimie et des matériaux. Pour répondre aux problématiques de concurrence entre les usages et pour renforcer les exigences environnementales, l’APR BIP prend le relais d’AGRICE à partir de 2008 et jusqu’en 2015, avec un objectif de diversification des matières premières et des procédés associés. 43 projets ont ainsi été financés, portant prioritairement sur les nouveaux procédés de transformation de ces biomasses en produits finis (allant du détergent à des matériaux). 

GRAINE : mieux prendre en compte les impacts environnementaux

La mise en place du nouvel APR GRAINE en 2016 résulte de la fusion de 4 programmes de recherche : BIP, REACCTIF (sols, agriculture, forêt), une partie de GESIPOL (sites et sols pollués) et DOSTE (valorisation des déchets organiques). GRAINE a pour objectif de mieux appréhender les enjeux environnementaux via le développement d’outils et de méthodologies d’évaluation (sur la santé des sols ou l’Analyse du Cycle de Vie [ACV], entre autres), ainsi que la problématique de la concurrence des usages de la biomasse. Cet APR a l’originalité d’englober à différentes échelles les problématiques liées à la bioéconomie et les nouveaux enjeux, tels que l’évaluation de la pertinence de la bioéconomie à un niveau local ou territorial, ou encore la prise en compte des spécificités des milieux considérés. La recherche sur les produits biosourcés se précise ainsi autour de l’écoconception en reprenant les principes de l’économie circulaire, afin d’atténuer au maximum leurs impacts environnementaux. Ainsi, l’APR GRAINE répond, en matière de bioéconomie, aux enjeux majeurs que sont la sobriété, l’atténuation et l’adaptation au changement climatique. Depuis son lancement, 48 projets ont été soutenus. Les recherches visent à optimiser les performances techniques, économiques et environnementales des produits biosourcés, pour qu’ils produisent systématiquement moins d’impacts environnementaux que leurs alternatives pétrosourcées ou que les premières générations de biosourcés, sur chaque secteur d’application représentatif (matériaux et chimie). 

De la recherche appliquée à la phase de démonstration industrielle

Pour accompagner le déploiement de ces nouveaux procédés à l’échelle industrielle, l’ADEME s’est dotée d’un fonds démonstrateur entre 2008 et 2010, qui a précédé la mise en place de deux outils d’investissement : le PIA (Programme investissements d’avenir) entre 2011 et 2021, puis France 2030. Ces programmes de financement incluent la filière des produits biosourcés, identifiée comme l’une des filières vertes ayant un potentiel de développement économique élevé pour l’avenir. Les soutiens accordés témoignent de la diversité des applications de ces produits : bâtiment (isolants, bétons, éléments de structure, charpentes, ameublement, menuiserie, peintures, etc.), transport (composites en fibres végétales), emballage (carton, papier, sac et éléments de vaisselle jetable), cosmétique et détergence (produits rincés), etc. Les succès techniques obtenus dans une majorité des projets soutenus indiquent la maturité progressivement atteinte par ces technologies. En revanche, en aval, les marchés associés encore en cours de développement rallongent parfois les délais de commercialisation des produits conçus. À la suite du PIA, France 2030 poursuit le soutien à l’innovation. Une des douze stratégies d’accélération est ainsi dédiée aux produits biosourcés et aux biotechnologies. Seize projets dans le domaine de la chimie biosourcée et des biotechnologies industrielles, et deux sur la valorisation de nouveaux gisements de résidus de biomasse ont été financés par ce dispositif. 

1. PNRD : Programme national de recherche et développement.